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Présentation

Le projet vise à écrire un film de recyclage familial, film de cinéma construit comme un puzzle en assemblant et en retravaillant plastiquement des films amateurs Super8 et 9,5 mm provenant de diverses familles.
A partir d’un riche matériau documentaire amateur, nous réaliserons une fiction professionnelle originale, sensible, novatrice et touchante. Elle s’intitulera "Le Mystère de la chambre noire".
A travers les destins croisés de différents personnages, cette fiction imaginera les mystères de la petite enfance, comment, lors de nos premières années de vie, certains événements cruciaux, devant lesquels nous sommes restés démunis, s’imprègnent à jamais en nous et décident en partie de ce que nous serons en tant qu’adulte, parent et grand-parent.
Le Mystère de la chambre noire est un long-métrage composé de 4 courts-métrages.

C’est pour financer l’écriture du premier court-métrage que je sollicite votre aide.

En effet, l’« industrie cinématographique » fonctionne sur un principe coulé dans le marbre : un film ne peut se financer sans un écrit papier, même quand il s’agit de cinéma dit « expérimental ». Or, avant de passer aux mots, ce projet particulier s’écrit d’abord par les images, demandant au préalable un long travail de collecte qui a un coût important. Grâce à votre aide financière, je pourrai fournir un scénario de fiction détaillé et ainsi obtenir des subventions telles que celles du CNC, ou d'un autre organisme rattaché au ministère de la Culture.

 

Introduction


En France, il existe quelques institutions publiques qui archivent les films de famille. Ces trésors de nos mémoires individuelles et collectives sont ainsi sauvegardés. Certains resteront sur des étagères, d’autres seront utilisés par des historiens
ou serviront comme tels à illustrer le propos de documentaristes. Mais leurs forces esthétiques et émotionnelles sont très peu explorées artistiquement.
Pour ma part, en tant que cinéaste, ils sont devenus ma principale matière première. En effet, en dix ans, les matériaux que l’on appelle « films de famille » ont pris toute la place dans mon travail … progressivement. D’images de moi enfant filmées par mon père et intégré à un documentaire sur un cinéma ambulant que j’ai monté dans les orphelinats au Viêt-Nam (Vietnam Paradiso, Arte Distribution, 2002), j’en arrive désormais à travailler des images d’inconnus filmées par des inconnus (peut-être vous bientôt ?) dans Le mystère de la chambre noire.


Nature du film


Si l’on considère que tout film qui s’appuie sur des documents est un documentaire et  puisque les films de famille dont mes films de recyclage sont constitués sont des documents alors, ces films ainsi réalisés sont des « documentaires ».
Si tout film basé sur des faits imaginaires est une fiction et puisque leurs histoires sont inventées alors ils sont des  « fictions ».
Si tout film qui recherche et travaille à déployer les possibles, à remettre à plat la question du signe, du sens est un film expérimental et puisque mes films s’engagent sur de nouvelles voies visuelles, sonores et narratives alors ce sont des
 « films expérimentaux ».
 

Recréer à partir d’une matière particulière : le film amateur


Besoin d’être convaincu(e) par la promesse de beauté et de force de cette matière première ?
Vous pouvez alors feuilleter le dossier livre mis en ligne
Je puis déjà vous dire ici que les images Super8 sont au cinéma ce que l’aquarelle est à la peinture (cf page 6 du dossier susnommé). Qu’elles aiment parfois tant le flou et le contraste qu’il est possible d’aller dans des abstractions plastiques et de trouver par elles de nouvelles pistes narratives.
Alors que la règle générale du cinéma de fiction est de faire oublier qu’il y a un filmeur, ce dernier fait partie intégrante du film dans un film de famille. La nature exacte des liens qui existent entre le filmeur et le filmé peuvent être source d’histoire. Et ces regards face caméra donne l’impression au spectateur que c’est lui que l’on regarde. Le spectateur est directement interpellé!
De plus, ces images ont en elle un fort crédit historique. Un seul de ces plans peut ancrer le spectateur dans une époque et les spectateurs se disent tout de suite que ce sont des gens ayant vraiment existé et non des acteurs. Quelque soit le comportement de la personne à l’écran, le spectateur y croit. Cela laisse donc le champ libre à toutes sortes de fantaisies, à des actions humaines pour lesquelles je me serais peut-être autocensuré si je les avais tournées en studio avec des comédiens, de peur qu’elles ne soient pas crédibles.
Par exemple, cela m’a permis de convaincre le spectateur de la modernité du personnage principal de mon film-clip « Je Ne Suis Pas Celle ». Et que dire de cet enfant qui s’esclaffe dans la boue avec ses habits propres sous les yeux de son père !?
(cf page 11 du dossier livre)
Pourquoi alors ne pas utiliser la valeur de document,  l’intensité de réalité qui se dégage des images de famille pour faire naître subrepticement un univers fort de rêve et d’imaginaire ?
Par rapport aux images d’archives professionnelles, il y a beaucoup plus de zones d’ombre dans les bobines de famille, des « trous » qui laissent une grande place à la créativité. Pour « Je Ne Suis Pas Celle », il m’a suffit de mettre un certain plan au début du film, de le ralentir à un moment et d’inverser son sens pour révéler la faille d’une personne qui donnait partout une image de bonheur sans nuage, de femme et mère modèle.


Les contours personnels de ce puzzle


Le Msytère de la chambre noire fleurit sur un terreau personnel. Une lettre de ma mère évoquant un souvenir de mon enfance me sert de toile de fond. Elle formera avec d’autres souvenirs qui ont façonné ce que je suis devenu, le contour du puzzle et non pas le puzzle.
Dans le commerce, un puzzle est une image dessinée par un autre dont il nous faut assembler les pièces prédécoupées. La vision que nous avons de certains événements cruciaux de notre petite enfance, c'est un peu la même chose. Nous achetons le motif et les pièces constituantes qui ont été dessinés principalement par les adultes qui nous entouraient alors. Nous ne connaissons notre petite enfance que par la bouche de nos parents.

Mes scénarii m’ont toujours servi à trouver les moyens financiers et à préciser mes intentions de réalisation. Mais ils n’ont jamais été mon meilleur atout pour trouver mon histoire. Les images, elles, ont toujours su faire naître mille sensations en moi. Je ne sais que filmer pour voir et non voir pour filmer.  Au bout du chemin je souhaite exposer un tableau qui frappera la conscience du spectateur. Il y a aura des personnages clairement identifiés et une dramaturgie de fiction. Si, de par la nature de cette expérience filmique, je ne puis vous donner les détails du motif final, je puis vous révéler les contours du puzzle.

Le Mystère de la chambre noire fera entre 1h15mn et 1h45mn. Il se composera de 4 films d’une quinzaine de minutes qui pourront se voir indépendamment les uns des autres comme des courts-métrages ou être réunis avec la vingtaine de minutes finales dans un même long-métrage. Ces 4 pans-films correspondront aux quatre humeurs de la théorie d’Hippocrate : le sang, le phlegme, la bile jaune et la bile noire. Ils en prendront la couleur. Ces 4 films mettront en scène des personnages différents mais ils seront connectés par deux éléments. Dans chacun, il y aura la présence d’un plan que j’ai déjà collecté, la vue de l’extérieur d’une pièce laissée dans le noir. Cette pièce sera la « chambre noire », la matérialisation de l’inconscient et des zones d’ombres de nos souvenirs. La « chambre noire » est aussi le procédé optique à l’origine de la photographie qui donne une illusion de réalité. C’est enfin la chambre à coucher de l’enfant. Dans cette chambre, un des personnages de chaque court-métrage vivra une partie du souvenir de ma mère écrit en préambule. Le reste du récit et l’importance que revêtira cet événement dans l’histoire globale seront différents car ils correspondront aux images et aux personnages du pan-film. Ce n’est qu’après, lors des vingt dernières minutes du long métrage, que sera traité cet événement dans son intégralité. Et cela de la façon qui m’aura été dictée par tous les personnages précédents. L’événement sera traité du point de vue d’un enfant qui mettra des mots sur ce qu’il a alors ressenti. Un enfant de cinq ans. Moi, peut-être. En tout cas, celui qu’à 32 ans, débarrassé de cette image de moi construite par ma mère, j’imagine être et me souviens avoir été.

 

Les règles du jeu d’une telle réalisation


1ère étape = Exploration d’un fonds d’archives ou collecte par un appel aux particuliers

Je me pose la question de la pertinence à rajouter à tout prix d’autres « visuels » à la cacophonie ambiante, à l’ogre hypermédia qui existe depuis l’apparition du numérique et la prolifération des canaux de diffusion. Je ne souhaite pas fabriquer des visuels mais des images, c'est-à-dire d’émotifs objets de lumière qui apportent des clefs et dégagent de la chaleur. Or des embryons d’objets émotifs, il y en a plein les greniers.  Pourquoi alors ne pas encourager les gens à sortir du fond de leurs caves des images non
diffusées, qui, une fois retravaillées, pourraient s’avérer inoubliables pour l’Autre ? Ces images de famille des autres m’apporteront à la fois une intimité et du recul sur ma propre histoire familiale. Rééclairer les images du passé des autres aura t-il une incidence lumineuse sur le mien?

2ème étape = Ecriture par les images
Ecrire ce film à la manière des surréalistes, faire confiance à une histoire qui s’écrit inconsciemment d’elle-même, prendre l’écriture cinématographique par l’autre bout, en partant des images pour arriver aux mots.
Par un conditionnement sensoriel et émotionnel, je recherche seul mon « or brut de la pensée » jusqu’alors restée dans l’inconscient en sélectionnant et assemblant par ordinateur des plans de film sans la censure de la raison, avec la seule préoccupation de la lumière, des couleurs et des « impressions fugitives ».
A cause de cette sorte de conjonction – confrontation du Surréalisme et de l’Impressionnisme, j’ai immodestement appelé ça l’écriture « surrimpressioniste ». (plus de détails page 18 du dossier livre)


3ème étape = Tournage et Montage
Si ces images m’intéressent tant, c’est que je leur reconnais une force intrinsèque. Une force qui ne tient parfois qu’à un fil, mince et fragile.  Cependant, il est parfois nécessaire de sculpter cette force. Grâce à un refilmage « non neutre » et divers procédés que j’ai déjà expérimentés, je transforme plastiquement ces images : recadrage, couleur, luminosité.
Afin de donner une cohérence esthétique au film, une patine commune à toutes ces images venant de sources différentes,  j’en change la texture.
Avec ma monteuse, nous travaillons la vitesse, le mouvement, les surimpressions. Avec un musicien-compositeur, nous redonnons la parole à ces images de famille. Les images du film peuvent être accompagnées de voix off jouées par des comédiens.
Tout est permis, même de raconter une histoire imaginaire emprunte de fantastique.

Une exposition multimédia
Une fois le film terminé, j’en exposerai les étapes de création dans une installation multimédia ludique, interactive et accessible au plus grand nombre.
Cette exposition montrera le processus créatif d'un film surrimpressionniste écrit non à partir de mots mais à partir d'images. Elle aura pour but de faire prendre conscience de l’infini des possibles. Il n’y a pas une bonne solution, il n’y a que des voies personnelles et singulières. L’installation sera une opportunité pour chacun de s’essayer à une fabrication de film, de se frotter à une création, si rudimentaire soit-elle.

Compensations

  • Non merci Je ne souhaite pas de contrepartie, je veux juste recevoir des nouvelles et aider le projet

  • Pour 10 € ou plus: Des nouvelles par mail jusqu'à l'aboutissement du projet

    Vous serez tenu au courant par mail de l’avancée du projet.

  • Pour 30 € ou plus: Une invitation valable pour une entrée gratuite à l’avant-première du film

  • Pour 60 € ou plus: Un DVD du film

    Vous recevrez un fichier VOD ou DVD du film réalisé

  • Pour 100 € ou plus: Un rôle de consultant artistique

    Je vous enverrai le scénario et vous pourrez me faire part de vos remarques

  • Pour 200 € ou plus: Une invitation à nous accompagner sur une journée de tournage

    Une journée ou demi-journée en compagnie de l’équipe de réalisation du film.

  • Pour 300 € ou plus: Une sauvegarde mémorielle de vos films

    Je m’engage à numériser jusqu’à 90 minutes de vos images super8 de famille au plus près de leur rendu originel et à vous les restituer sur DVD, mini-DV ou disque dur externe afin de sauvegarder ces trésors de votre mémoire. A savoir que la qualité sera infiniment supérieure à ce que vous pourrez obtenir chez une entreprise commerciale proposant ce type de transfert pellicule à vidéo. En effet, contrairement à une machine industrielle, je corrige plan à plan les problèmes de luminosité de vos images (par exemple une image trop sombre car sous-exposée ou trop claire car surexposée). Je peux également répondre à une demande précise de votre part.

  • Pour 500 € ou plus: Un remerciement au générique

    Vous serez crédité au générique de fin du film dans la rubrique remerciements.

  • Pour 0 € ou plus: Un crédit en tant que co-producteur

    Vous serez crédité au générique de début et de fin du film en tant que co-producteur, et sur tous les supports de communication liés aux différentes projections, événements, expositions, sites internet etc …

Partenaires du projet

  • Forum des Images
  • Le F.A.R (Fonds Audiovisuel de Recherche)
  • Centre Images